L’Égypte attire par ses pyramides millénaires et ses temples majestueux, mais ce pays d’Afrique du Nord présente certains risques qu’il convient de connaître avant d’entreprendre un voyage. Avec plus de 18 millions de visiteurs en 2025, le secteur touristique égyptien représente une part considérable de l’économie nationale, ce qui explique les investissements massifs dans la sécurité. Néanmoins, plusieurs aspects méritent une attention particulière pour garantir un séjour sans encombre sur les terres des pharaons.
Zones géographiques à éviter et menaces sécuritaires
Le nord de la péninsule du Sinaï constitue la zone la plus dangereuse du territoire égyptien. Cette région fait l’objet d’une interdiction formelle en raison du risque terroriste élevé et de la proximité avec Gaza. Les civils ne peuvent absolument pas y accéder, et toute tentative de traversée vers Gaza, notamment par les tunnels sous-frontières, expose à des risques majeurs sur le plan légal et sécuritaire. Le poste de Rafah reste fermé sans préavis réguliers.
La frontière avec la Libye dans le désert occidental présente également des dangers importants. Les forces armées égyptiennes mènent des opérations contre différents trafics, et l’infiltration d’éléments terroristes depuis le territoire libyen reste une menace réelle. Une zone interdite existe depuis 2014 entre Sihah et Jebel Uweinat, et tout déplacement hors des oasis du désert blanc doit être évité. Le conflit au Soudan depuis avril 2023 a également rendu dangereuse toute la zone frontalière méridionale, y compris la route vers Abou Simbel.
Concernant la menace terroriste, elle demeure permanente bien que contenue. Les derniers attentats majeurs au Caire remontent à 2018-2019. Les cibles privilégiées sont les sites religieux, les forces de sécurité et parfois les lieux touristiques. L’armée et la police combattent des unités affiliées à l’État islamique dans certaines régions. Des contrôles systématiques sont effectués à l’entrée des sites touristiques et hôtels, avec plus de 20 000 agents de police touristique déployés quotidiennement. Des caméras de surveillance intelligentes, des contrôles biométriques dans les aéroports et des portiques de sécurité sont installés partout.
Les trois oasis du désert occidental (Siwa, Baharyiah et Farafah) restent accessibles mais nécessitent de respecter scrupuleusement les itinéraires sécurisés. Dans les grandes métropoles comme Le Caire et Alexandrie, il convient d’éviter les rassemblements et de privilégier les hébergements sécurisés. Sur la côte du sud Sinaï, notamment à Charm El Cheikh, Dahab ou Taba, les complexes hôteliers offrent un niveau de sécurité satisfaisant.
Risques sanitaires majeurs à anticiper
La pollution atmosphérique constitue un danger sérieux au Caire et à Alexandrie. Lors des pics de pollution, les personnes souffrant de maladies respiratoires, les enfants, les femmes enceintes et les seniors doivent limiter drastiquement leurs activités extérieures. Cette pollution peut provoquer des problèmes respiratoires graves et nécessite de maintenir portes et fenêtres fermées pendant les épisodes critiques.
Aucun vaccin n’est obligatoire pour entrer sur le territoire égyptien, sauf celui contre la fièvre jaune pour les voyageurs provenant de pays à risque ou ayant transité plus de 12 heures dans un aéroport concerné. Toutefois, plusieurs vaccinations sont fortement recommandées : diphtérie-tétanos-poliomyélite, hépatites A et B, typhoïde selon les conditions de séjour, et éventuellement la rage pour certains types de déplacements.
La dengue sévit dans l’ensemble du pays, transmise par des moustiques infectés. Les symptômes ressemblent à ceux de la grippe avec forte fièvre et douleurs articulaires. Il n’existe ni vaccin ni traitement préventif. En cas de fièvre, une consultation médicale rapide s’impose, avec une prise en charge au paracétamol en évitant absolument l’aspirine et les anti-inflammatoires. Des mesures de protection contre les moustiques sont essentielles : vêtements couvrants et clairs, produits répulsifs cutanés, moustiquaires et climatisation dans les logements.
La rage représente une menace sérieuse transmise par morsure, griffure ou léchage. La mortalité est très élevée sans traitement rapide, et il n’existe aucun traitement curatif une fois les symptômes déclarés. Seuls les hôpitaux et centres gouvernementaux peuvent administrer le protocole anti-rabique comprenant 5 injections. La vaccination préventive peut être recommandée avant le départ.
| Problème sanitaire | Niveau de risque | Mesure préventive principale |
|---|---|---|
| Dengue | Élevé | Protection anti-moustiques systématique |
| Diarrhée du voyageur | Très élevé | Eau en bouteille, aliments cuits uniquement |
| Insolation | Élevé en été | Hydratation régulière, protection solaire |
| Rage | Modéré | Éviter contact avec animaux, vaccination préventive |
| Pollution atmosphérique | Très élevé (villes) | Limiter sorties pendant pics de pollution |
La chaleur extrême durant les mois estivaux nécessite des précautions importantes. Le thermomètre dépasse régulièrement 40°C, Assouan ayant enregistré un record de 50,9°C. Pour éviter insolation et déshydratation : chapeau à larges rebords, lunettes de soleil, crème solaire à indice très élevé renouvelée fréquemment, hydratation régulière même sans sensation de soif, vêtements amples et respirants.
La diarrhée du voyageur reste le problème sanitaire le plus fréquent. Pour l’éviter : se laver les mains régulièrement, éviter produits crus ou peu cuits, peler fruits et légumes, éviter crudités et buffets froids, ne boire que de l’eau en bouteille capsulée, éviter glaçons et glaces. La règle à retenir : faire bouillir, cuire ou peler les aliments, sinon les oublier.
Dangers routiers et moyens de déplacement
La circulation routière représente probablement le risque un des plus le plus importants pour les visiteurs. Le non-respect du code de la route et l’état du parc automobile nécessitent une prudence extrême. La fréquence d’accidents mortels est très élevée, causée par l’application laxiste des normes de sécurité et la conduite imprudente généralisée. L’incivisme routier peut également donner lieu à des échauffourées.
La circulation nocturne est formellement déconseillée hors des centres urbains et sites touristiques, que ce soit au volant ou à bord d’un bus. Les accidents sont encore plus fréquents la nuit et peuvent être d’une extrême violence. L’éclairage des axes routiers est absent ou insuffisant. Pour les longs trajets de jour, il est recommandé de recourir à un chauffeur connaissant les itinéraires et parlant arabe.
Concernant les différents modes de transport :
- Le transport aérien constitue le moyen le plus sûr et rapide pour se déplacer dans le pays
- Les taxis et VTC (Uber, Careem) sont pratiques mais nécessitent de se positionner à l’arrière, d’éviter les déplacements nocturnes, et pour les femmes de ne pas voyager seules
- Les minibus collectifs sont formellement déconseillés en raison de la fréquence des accidents
- Le train peut être utilisé uniquement sur les liaisons Le Caire-Alexandrie et Le Caire-Louxor/Assouan
- Le transport maritime est à éviter actuellement en raison du contexte sécuritaire en mer Rouge
- Le vélo est déconseillé sauf exceptions (vallée des Rois, Dahab)
Le risque lié aux mines est élevé dans les zones désertiques. Une zone non signalisée peut être dangereuse. Les déplacements hors du réseau routier ou de pistes balisées doivent être précédés d’une recherche d’informations sur l’existence éventuelle de champs de mines, notamment dans le Sinaï, les régions côtières de la mer Rouge, le désert libyen et les zones limitrophes du Soudan.
Précautions spécifiques selon les profils de voyageurs
Les femmes voyageant seules peuvent être confrontées au harcèlement de rue, phénomène répandu bien qu’en diminution. Cela prend souvent la forme de regards insistants, remarques inappropriées, sifflements, parfois attouchements. Les risques augmentent durant les jours fériés. Un code vestimentaire couvrant (genoux et épaules) évite d’attirer l’attention. Porter une bague à l’annulaire gauche peut décourager les importuns.
Pour limiter les risques, il convient de privilégier les wagons réservés aux femmes dans le métro du Caire, d’utiliser des applications comme Wasaleeny (conductrices exclusivement féminines), de se positionner à l’arrière des VTC, d’éviter les déplacements nocturnes en solitaire. En cas de harcèlement persistant, crier fermement « ayb aleik » (honte à vous) ou « imshi » (allez-vous en). Les dépôts de plainte sont pris très au sérieux par les autorités locales.
Voyager avec des enfants est tout à fait possible dans les complexes hôteliers des zones touristiques qui bénéficient d’une bonne surveillance. En revanche, le pays manque de certaines infrastructures (aires de jeux, tables à langer, sièges bébé). Il faut prévoir vêtements légers, chapeaux et protection solaire à indice élevé quelle que soit la saison. L’eau potable étant difficile à trouver, emporter des bouteilles réutilisables pour rester constamment hydratés. Le rythme des visites peut être éprouvant pour les jeunes enfants.
Les personnes à mobilité réduite peuvent voyager en Égypte mais doivent planifier minutieusement leur séjour. Il est généralement conseillé d’être accompagné. Certains sites majeurs restent accessibles : Temple de Karnak, Temple de Kom Ombo, Pyramides et Sphinx de Gizeh. Des véhicules adaptés avec rampe ou élévateur existent mais doivent être réservés à l’avance. Certains établissements proposent des chambres adaptées, et des croisières sur le Nil disposent de cabines accessibles.






